La connaissance de soi est un élément clé favorisant le développement de son propre leadership. Mieux se connaitre, c’est faire des choix plus en lien avec qui nous sommes, être en mesure de dépasser nos blocages ou encore améliorer nos relations avec les autres. Plus encore, se connaitre, c’est ouvrir la porte à une transformation intérieure. Il devient possible de reconnaitre que nous abordons le monde avec une paire de lunettes qui limite notre connaissance de la réalité et qu’il existe d’autres façons d’agir, tout aussi valables que la nôtre. Nous sommes alors plus conscients des jeux qui se jouent et le regard envers nous-mêmes et envers les autres peut devenir davantage ouvert et bienveillant. C’est dire à quel point la connaissance de soi est importante pour le développement de notre leadership.

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une méthode de connaissance de soi et de compréhension des autres que j’ai expérimentée et qui m’a permis de comprendre le type de lunettes que j’utilise. Elle a contribué à transformer ma réalité et est devenue un élément important de ma pratique professionnelle : l’ennéagramme.

Les fondements de l’ennéagramme

Cette méthode part de l’idée qu’en tant qu’être humain, nous avons de multiples comportements et attitudes possibles. L’ennéagramme les ramène à 9 tendances qui sont reliées à des ennéatypes. Chaque ennéatype renvoie à une vision de la réalité limitée, basée sur des valeurs et des croyances communes. C’est dans l’enfance que nous avons privilégié un ennéatype compte tenu des expériences de vie que nous avons eues. En grandissant, nous avons renforcé cette vision, nous privant ainsi d’une dimension plus grande et de plusieurs potentialités. En prenant conscience de nos modes de fonctionnement et en comprenant le mode de fonctionnement des autres, il devient possible d’élargir notre champ de vision et de modifier les croyances qui nous limitent. Nos relations s’améliorent et notre univers s’agrandit. Ill devient alors possible de libérer nos potentiels et d’affirmer son leadership.

Les centres d’intelligence vus par l’ennéagramme

Sans entrer dans les détails des ennéatypes, nous allons aborder une des notions clés de l’ennéagramme qui est le centre d’intelligence privilégié. Il y a 3 centres d’intelligence comprenant 3 ennéatypes chacun. Ces centres sont le centre émotionnel, le centre instinctif et le centre mental. Il est intéressant de noter qu’ils sont en lien avec ce que les neurosciences arrivent à démontrer aujourd’hui. Nous avons 3 cerveaux – la tête (le mental), le cœur (les émotions) et les intestins (l’instinctif) – qui communiquent entre eux en permanence. L’ennéagramme intègre l’idée que nous avons ces 3 cerveaux en nous et que nous avons tendance à en privilégier un. Tout l’intérêt de la démarche est de prendre conscience de celui que nous privilégions et de redonner une place aux deux centres délaissés pour retrouver un certain équilibre et de meilleures relations avec notre environnement.

          Les différentes façons de réagir

Ainsi, il existe 3 types d’intelligence qui sont en lien avec 3 types de réactions fondamentales en situation d’alerte, qui correspondent à 3 forces essentielles :
– La peur qui survient quand il y a un sentiment de menace ou d’insécurité. Elle est en lien avec le centre mental et répond à notre besoin de se savoir en sécurité.
Pour limiter l’insécurité et l’incertitude, il devient essentiel d’analyser la situation pour mieux la comprendre et planifier efficacement en tenant compte des éléments positifs et négatifs. Tout le monde a besoin de cette intelligence mentale pour agir avec discernement.
– La détresse qui survient suite à une perte ou un manque de lien avec les autres. Elle est liée avec le centre émotionnel et répond à notre besoin d’amour, de connexion.
Pour limiter la détresse, je m’adapte aux autres. Je cherche à être apprécié et reconnu par eux pour qu’ils m’acceptent. Tout le monde a besoin de l’intelligence émotionnelle pour ressentir et développer l’empathie, l’écoute ou encore la gentillesse.
– La colère qui survient quand il y a un sentiment d’être traité de façon incorrecte ou que nous n’avons pas ce que nous désirons. Elle est en lien avec le centre instinctif et répond à notre besoin d’estime de soi.
Pour limiter la colère, je vais chercher à obtenir ce que je veux et écarter ce qui m’en empêche. Je vais veiller à obtenir une place dans le monde qui me permette de me sentir à l’aise. Tout le monde a besoin de l’intelligence instinctive (ou corporelle) pour se sentir ancré, évaluer l’énergie à investir pour obtenir quelque chose et développer une puissance intérieure.

De façon plus concrète et générale, les personnes qui vont davantage utiliser l’intelligence mentale vont prendre le temps de la réflexion avant d’agir. Celles qui vont davantage utiliser l’intelligence émotionnelle vont davantage laisser parler leurs émotions quant à celles qui vont utiliser le centre instinctif, elles vont se fier à leurs ressentis et agir rapidement, de manière viscérale.

Pour conclure

Il est à noter que notre société favorise le développement de notre centre mental, ce qui peut être trompeur quand vient le temps de se questionner sur nos tendances. Une des meilleures façons de trouver le centre que nous privilégions est de se remémorer une situation particulièrement stressante. Quelle a été votre première réaction : observer avant d’agir, être en mode action / réaction ou exprimer vos émotions?

Aussi, il est bon de préciser que l’ennéagramme n’est pas fait pour nous mettre dans une case ou renforcer le fonctionnement de l’égo. Il est un véritable outil de connaissance de soi et de développement de son leadership, pour autant que nous soyons prêts à nous interroger sur les motivations de nos comportements et à nous transformer.

 

Marguerite Hauteville

Coach professionnel et formatrice

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